Peuples, langues et minorités
La société mauritanienne réunit des populations arabophones et des communautés ouest-africaines installées de longue date dans la vallée du fleuve Sénégal. Aucune statistique ethnique officielle récente ne fait autorité, le recensement de 2013 n'ayant pas produit de données validées sur ce point, et les proportions avancées relèvent d'estimations.
Composantes de la population
Les Beidanes, souvent désignés comme Maures blancs, parlent le hassaniya, dialecte arabe, et représenteraient environ trente pour cent des habitants selon les estimations couramment reprises. Les Haratines, descendants de populations réduites en esclavage et arabophones eux aussi, en constitueraient près de quarante pour cent. Le tiers restant rassemble des communautés négro-africaines, principalement des Halpulaar ou Peuls, des Soninkés, des Wolofs et des Bambaras, concentrées dans le sud du pays.
Langues en présence
L'arabe est la langue officielle depuis la Constitution de 1991, qui reconnaît par ailleurs le pulaar, le soninké et le wolof comme langues nationales. Le hassaniya sert de langue véhiculaire dans une grande partie du territoire. Le français conserve une place notable dans l'enseignement supérieur, dans les milieux d'affaires et dans une partie de l'administration, malgré les politiques d'arabisation menées depuis les années 1960.
Hiérarchies sociales héritées
Les sociologues décrivent une organisation traditionnelle en statuts hérités, tant du côté maure que dans les sociétés de la vallée, distinguant lignages guerriers, familles religieuses, groupes artisans et descendants de captifs. Ces classifications n'ont plus de valeur juridique, la Constitution posant l'égalité des citoyens, mais des travaux universitaires et des rapports d'organisations non gouvernementales relèvent leur persistance dans les alliances matrimoniales et l'accès à certaines fonctions.
Tensions et mémoire
Les années 1989 à 1991 ont été marquées par un conflit avec le Sénégal, des expulsions et des exactions visant des populations négro-mauritaniennes, épisode désigné localement sous le nom de passif humanitaire. Un programme de retour des réfugiés installés au Sénégal et au Mali a été engagé à partir de 2007 sous l'égide du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Les associations de victimes réclament toujours l'établissement des responsabilités, tandis que les autorités mettent en avant les indemnisations versées et les réintégrations dans la fonction publique.