Hymne de la Mauritanie

La Mauritanie a changé d'hymne national en 2017. Le chant en vigueur est connu par son incipit arabe Bilada l-ubati l-hudati l-kiram, que l'on traduit généralement par Pays des fiers, nobles guides. Il a remplacé une composition utilisée depuis l'indépendance.

Hymne en vigueur

Le texte a été retenu par un comité national constitué après le référendum constitutionnel du 5 août 2017. La musique revient au compositeur égyptien Rageh Daoud. Écrit en arabe littéral, l'hymne compte six couplets séparés par un refrain. Une version abrégée est jouée lors des cérémonies protocolaires qui imposent un format court. Son adoption officielle est intervenue le 28 novembre 2017, jour anniversaire de l'indépendance.

Thèmes du texte

Les strophes célèbrent l'attachement à l'islam, la fidélité au Prophète et la défense du territoire national. Le dernier couplet évoque explicitement la résistance à la colonisation. Les autorités ont présenté ce renouvellement comme une manière d'inscrire dans le chant national la mémoire des luttes anticoloniales, que la version antérieure passait sous silence.

Ancien hymne national

De 1960 à 2017, le pays utilisait un chant sans titre officiel, le plus souvent désigné par la formule Hymne national mauritanien. Ses paroles reprenaient un poème classique en arabe et sa mélodie, d'inspiration maure, est attribuée au compositeur d'origine russe Tolia Nikiprowetzky. Très ornementée et dépourvue de refrain, cette ligne mélodique passait pour difficile à chanter en choeur, argument souvent avancé au moment du débat sur son remplacement.

Langue et interprétation

L'arabe constitue la langue officielle de la République depuis la Constitution de 1991, et l'hymne se chante exclusivement dans cette langue. Les orchestres militaires en assurent l'interprétation lors des prises d'armes, tandis que les établissements scolaires publics l'enseignent aux élèves.

Portée symbolique

Comme le drapeau et l'emblème, l'hymne figure parmi les symboles que la loi fondamentale protège. Il ouvre les séances solennelles du Parlement, les rencontres sportives internationales et les cérémonies officielles. Le changement de 2017 a nourri des discussions dans la presse mauritanienne, une partie des commentateurs y voyant une rupture assumée avec l'héritage institutionnel de la première République, d'autres regrettant la disparition d'une mélodie identifiée au pays depuis six décennies.