Scène politique en Mauritanie

Le multipartisme est en vigueur depuis la Constitution de 1991, mais la vie politique mauritanienne reste dominée par une formation adossée au pouvoir en place. L'alternance de 2019 entre deux présidents élus a constitué une première depuis l'indépendance, dans un pays qui a connu plusieurs coups d'État militaires.

Majorité présidentielle

Le Parti de l'équité, connu sous son acronyme arabe El Insaf, structure la majorité depuis sa création en 2022, en remplacement de l'Union pour la République. Il dispose d'une large domination à l'Assemblée nationale à l'issue des élections générales de mai 2023, où il a devancé nettement l'ensemble des autres formations. Plusieurs partis satellites complètent cette majorité.

Opposition parlementaire

Le Rassemblement national pour la réforme et le développement, plus connu sous le nom de Tewassoul et proche de la mouvance des Frères musulmans, constitue la principale force d'opposition représentée au Parlement. D'autres formations plus anciennes, comme le Rassemblement des forces démocratiques ou l'Union des forces de progrès, conservent une audience limitée. L'Alliance pour la justice et la démocratie porte quant à elle les revendications d'une partie des communautés négro-mauritaniennes.

Dernière élection présidentielle

Le scrutin du 29 juin 2024 a vu la réélection de Mohamed Ould Ghazouani dès le premier tour avec environ 56 pour cent des suffrages, pour une participation de 55,39 pour cent selon les chiffres officiels. Biram Dah Abeid est arrivé en deuxième position et a refusé de reconnaître les résultats proclamés par la commission électorale.

Militantisme antiesclavagiste

L'Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste, fondée par Biram Dah Abeid, occupe une place singulière en mêlant action associative et candidature électorale. Longtemps privée d'agrément en tant que parti, elle a présenté son fondateur aux présidentielles de 2019 et de 2024. L'organisation SOS Esclaves intervient sur le même terrain sans dimension électorale.

Contraintes du jeu politique

Les observateurs relèvent la faiblesse des ressources de l'opposition, la fragmentation des formations et le rôle persistant des allégeances tribales et régionales dans la mobilisation électorale. Le déroulement des élections législatives de 2023 a suscité des critiques venues des deux camps sur l'organisation du scrutin, tandis que les organisations de défense des droits humains signalent des restrictions pesant sur certaines expressions militantes.