Libertés publiques en Mauritanie
La Constitution de 1991 garantit les libertés d'opinion, de réunion et d'association, dans le cadre d'un État qui se définit comme république islamique. L'application concrète de ces garanties fait l'objet d'appréciations divergentes entre les autorités et les organisations internationales de défense des droits humains.
Liberté de la presse
Les délits de presse ont été dépénalisés en 2011, réforme saluée à l'époque comme une avancée notable dans la région. Reporters sans frontières classait la Mauritanie au 61e rang sur 180 pays dans son édition 2026, avec un score de 63,36, contre une 50e place l'année précédente. L'organisation décrit un paysage dominé par la radio et la télévision publiques, un secteur privé fragilisé économiquement et une montée des sites d'information indépendants. Elle signale que la loi de 2021 sur la protection des symboles nationaux peut être détournée à l'encontre des journalistes.
Héritage de l'esclavage
L'esclavage a été aboli une première fois par décret colonial en 1905, puis par ordonnance en 1981. Une loi de 2007 en a fait un délit puni de cinq à dix ans de prison, avant qu'un texte de 2015 ne le qualifie de crime contre l'humanité passible de dix à vingt ans. Trois juridictions spécialisées ont été instituées en 2016. Les organisations abolitionnistes et Human Rights Watch estiment que des formes de servitude subsistent, principalement au détriment de la communauté haratine, et que les condamnations demeurent rares au regard des situations signalées.
Droits des femmes
Un projet de loi sur les violences faites aux femmes, présenté en 2016, n'avait toujours pas été adopté par le Parlement selon Human Rights Watch, qui a également recommandé en juillet 2023 la levée des restrictions pesant sur la mobilité des femmes. Les listes nationales réservées ont en revanche porté la part des femmes à 23 pour cent des sièges parlementaires en 2025 d'après la Banque mondiale.
Traitement des migrants
Un rapport publié par Human Rights Watch en août 2025 documente des abus lors des contrôles migratoires et met en cause les effets de l'externalisation des politiques migratoires européennes. Le pays constitue à la fois un espace de transit vers les Canaries et une destination de travail pour des ressortissants ouest-africains.
Peine capitale et blasphème
La peine de mort figure toujours dans le code pénal, mais aucune exécution n'a été rapportée depuis 1987. Les organisations de défense des droits humains relèvent qu'une modification législative adoptée en 2018 a rendu cette peine obligatoire pour les faits qualifiés de blasphème et d'apostasie.