Institutions politiques en Mauritanie
La Mauritanie est une république islamique dotée d'un régime présidentiel. Son organisation repose sur la Constitution adoptée par référendum le 12 juillet 1991, qui a mis fin au régime militaire issu du coup d'État de 1978 et instauré le multipartisme.
Cadre constitutionnel
Le texte de 1991 proclame l'islam religion de l'État et du peuple, fixe l'arabe comme langue officielle et reconnaît le pulaar, le soninké et le wolof comme langues nationales. Il a été révisé à trois reprises, en 2006 après la transition qui a suivi le renversement de Maaouiya Ould Taya, en 2012 pour y inscrire notamment l'interdiction de l'esclavage et la reconnaissance de la diversité culturelle, puis en 2017 par le référendum du 5 août qui a supprimé le Sénat, modifié le drapeau et créé des conseils régionaux élus.
Pouvoir exécutif
Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois. Il nomme et révoque le Premier ministre ainsi que les membres du gouvernement, dispose du pouvoir réglementaire, commande les forces armées et conduit la politique étrangère. Mohamed Ould Ghazouani occupe la fonction depuis 2019 et a été réélu le 29 juin 2024. Mokhtar Ould Djay dirige le gouvernement depuis le 2 août 2024.
Assemblée nationale
Le Parlement compte une seule chambre depuis 2017. L'Assemblée nationale rassemble 176 députés élus pour cinq ans selon un mode de scrutin mixte, combinant circonscriptions locales et listes nationales, dont certaines sont réservées aux femmes et aux jeunes. Les dernières élections générales se sont tenues en mai 2023.
Contrôle de constitutionnalité
Le Conseil constitutionnel vérifie la conformité des lois organiques et des règlements des assemblées, statue sur le contentieux électoral et proclame les résultats des scrutins nationaux. Une Haute Cour de justice peut être saisie pour juger le chef de l'État en cas de haute trahison.
Organisation judiciaire
Le système juridique combine des règles héritées du droit français et des principes issus du droit musulman, ces derniers prévalant en matière de statut personnel et dans une partie du droit pénal. La Cour suprême occupe le sommet de la hiérarchie judiciaire, au-dessus des cours d'appel et des tribunaux de wilaya.
Administration territoriale
Quinze wilayas administrées par des walis nommés couvrent le territoire. Elles se subdivisent en moughataas et en communes, dont les conseils sont élus. La réforme de 2017 a ajouté un échelon régional élu, doté de compétences en matière de développement local.