Géopolitique de la Mauritanie
Située entre le Maghreb, le Sahel et l'Atlantique, la Mauritanie cultive une diplomatie d'équilibre qui lui permet d'appartenir simultanément au monde arabe et à l'Afrique subsaharienne. Sa stabilité relative dans un environnement régional troublé lui a valu une place de partenaire recherché.
Appartenances multilatérales
Le pays est membre de la Ligue arabe, de l'Union africaine, de l'Organisation de la coopération islamique et de l'Union du Maghreb arabe, cette dernière restant paralysée par le différend algéro-marocain. Il a quitté la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest en 2000, avant de signer avec elle un accord d'association en 2017 qui rétablit une partie des facilités commerciales.
Fin du G5 Sahel
Créé en février 2014 et doté d'un secrétariat permanent à Nouakchott, le G5 Sahel réunissait la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad. Le Mali s'en est retiré le 15 mai 2022, suivi du Burkina Faso et du Niger le 2 décembre 2023. Restés seuls, la Mauritanie et le Tchad ont annoncé la dissolution de l'organisation par un communiqué commun le 6 décembre 2023.
Relations avec l'Union européenne
Bruxelles est le premier partenaire commercial du pays et le principal bailleur de la coopération. Un accord de partenariat de pêche durable, dont le protocole couvre la période du 15 novembre 2021 au 14 novembre 2026, ouvre l'accès des flottes de dix États membres à environ 280 000 tonnes par an, en contrepartie d'une contribution européenne de 60,8 millions d'euros annuels. Les migrations constituent le second volet de cette relation, l'Union ayant annoncé en mars 2024 un soutien financier accru à Nouakchott.
Partenariat avec le Sénégal
Le gisement gazier de Grand Tortue Ahmeyim, situé à cheval sur la frontière maritime, est exploité dans le cadre d'un accord de coopération intergouvernemental prévoyant un partage à parts égales des ressources entre les deux pays. Les deux États coopèrent également au sein de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal, qui gère les barrages de Diama et de Manantali.
Sécurité régionale
Aucun attentat majeur n'a été enregistré sur le sol mauritanien depuis 2011, résultat que les autorités attribuent à la réforme de leurs forces armées et à un maillage sécuritaire renforcé dans les zones désertiques. Le pays entretient des coopérations militaires avec la France, les États-Unis et plusieurs partenaires du Golfe, tout en évitant l'engagement direct dans les conflits sahéliens.