L'architecture mauritanienne
Ksour du Sahara
L'architecture mauritanienne s'identifie d'abord aux quatre anciens ksour de Ouadane, Chinguetti, Tichitt et Oualata, fondés entre le onzième et le douzième siècle sur les pistes caravanières et inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1996. Ces villes fortifiées servaient d'entrepôts sûrs pour les marchandises et de foyers d'enseignement religieux. Leur dépeuplement progressif les a préservées des transformations modernes, et des campagnes de restauration ont été engagées à partir des années 1980.
Maison à patio et trame urbaine
Le tissu bâti obéit partout au même principe. Des maisons à cour intérieure se serrent le long de ruelles étroites, autour d'une mosquée dotée d'un minaret carré. La pierre locale, montée à sec ou liée au banco, donne aux façades leur teinte ocre, tandis que les toitures reposent sur des troncs de palmier et des bois d'acacia. À Ouadane, les constructions s'accrochent au flanc du plateau du Dhar, et une ruelle porte le nom de rue des Quarante Savants. La mosquée de Chinguetti se signale par un minaret couronné de cinq œufs d'autruche.
Décors peints de Oualata
Oualata se distingue par ses façades richement ornées, repeintes après chaque saison des pluies. Les motifs encadrent les portes et les niches et prolongent au-dehors un art décoratif que l'on retrouve dans les intérieurs. Cet entretien régulier lie étroitement l'architecture à un savoir-faire domestique transmis localement.
Habitat nomade
Les modes de vie pastoraux ont façonné une seconde tradition, celle de la tente, démontable et adaptée aux déplacements du bétail. La sédentarisation des dernières décennies a réduit la place de cet habitat, qui subsiste dans les campements et lors des séjours saisonniers en brousse.
Nouakchott et construction contemporaine
Nouakchott, devenue capitale en 1957, a reçu un plan d'urbanisme dessiné par l'architecte André Leconte en 1959. La ville s'organise selon une trame régulière autour de deux grandes avenues et a connu une croissance considérable, passant de quelques centaines d'habitants au milieu des années 1950 à près d'un million au recensement de 2013. Le béton y domine désormais, à côté de mosquées d'inspiration marocaine ou saoudienne, parmi lesquelles la mosquée Ibn Abbas ouverte en 1963.